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Qu'est-ce
que le Pilotage...
Le pilotage
consiste à assurer la conduite d'un navire pour amener
sécuritairement celui-ci d'un point donné à
un autre. Le détenteur d'un brevet ou d'un certificat de
pilotage est un officier de marine d'expérience qui a acquis
grâce à un apprentissage validé par des examens,
son habilité à assurer la conduite sécuritaire
du navire. Il connaît minutieusement pour le secteur pour
lequel il a été formé, les particularités,
la force du courant, l'effet des courants transversaux et les
obstacles de toutes sortes. Au cours de cet apprentissage, il
a aussi développé les méthodes et aptitudes
requises pour parer aux éventualités lors de rencontres
ou de dépassements de navires.
Le pilotage
est dans toutes les juridictions que nous connaissons, un service
organisé par l'État. Historiquement, les gouvernements
ont en effet universellement reconnu que l'économie générale
d'un pays était avantagée par la circulation sécuritaire
des navires dans ses eaux. Suivant le courant politique prévalant
à l'époque, des expériences de déréglementation
partielle de leur système de pilotage ont été
mises à l'essai au cours des années 80 dans quelques
pays dont le Royaume-Uni, les États-Unis et l'Australie.
Les enseignements qu'ils en ont toutefois tiré les ont
éventuellement ramenés à un resserrement
de leur réglementation. Alors que les préoccupations
environnementales faisaient déjà l'objet d'une attention
soutenue des pays européens, l'échouement de l'Exxon
Valdez dont les effets se font toujours sentir a entraîné
en Amérique du Nord une prise de conscience de la part
de la population et des gouvernements, rétablissant et
renforçant le rôle du pilotage pour la sécurité
générale. Les litiges entourant le pilotage, pour
la plupart, ne concernent pas une remise en question de son rôle,
mais plutôt des questions de financement du système
(qui des armateurs ou des gouvernements en assumeront les frais).
Deux types
de pilotage qui sont pratiqués. Le premier cas et le plus
fréquent est le pilotage portuaire. La mission de pilotage
dans cette situation est de courte durée, ce qui toutefois
n'enlève rien à la complexité technique ni
à l'habileté requise du pilote pour amener le navire
d'un poste à un autre à l'intérieur du port.
Dans le deuxième
cas, il s'agit du pilotage de rivière, comme il se pratique
dans la circonscription du Saint-Laurent Central. Dans ce type
de pilotage, les missions sont longues (de 4 à 9 heures
par secteur de la circonscription, en moyenne 6.3 heures par mission),
les impondérables (risques) sont nombreux surtout que souvent
les navires se dépassent et se rencontrent dans le corridor
étroit qui est le chenal.
Sur le Saint-Laurent,
le navire n'est pas seul dans le chenal; il doit dépasser
et rencontrer d'autres navires dans des endroits difficiles, notamment
en raison de l'étroitesse du chenal et des nombreuses courbes
à négocier. Le dépassement et la rencontre
de deux navires, souvent de dimensions importantes, se prépare
longtemps d'avance. Le pilote fait alors partie d'un système
de pilotage, c'est-à-dire qu'on s'attend de lui qu'il applique
pour le navire sous sa responsabilité un ensemble de règles
de comportements pour assurer des rencontres sécuritaires.
Dans ce système, le pilote sur un navire sait que le navire
qu'il va rencontrer a aussi à son bord un détenteur
de brevet ou de certificat de pilotage ayant les mêmes connaissances
locales reconnues, une personne qui a la même formation
académique, une expérience comparable de la navigation,
particulièrement en chenal étroit, que les deux
connaissent leurs difficultés respectives dans la manoeuvre
de leurs navires et qu'ils ont la même compréhension
de la mission à exécuter, sans autre influence ou
impératif que son propre devoir envers la sécurité.
C'est ce système
de pilotage que la Loi sur le pilotage adoptée en 1972
défend. Avant la mise en application des recommandations
de la Commission royale d'enquête Bernier, le pilotage n'était
pas obligatoire sur le Saint-Laurent; seul le paiement du service
de pilotage l'était, lorsque le service était utilisé.
Le message véhiculé par l'ancienne loi était
qu'il importait peu qui, du capitaine, de l'officier ou du pilote,
pilotait le navire, pourvu que lorsque les services d'un pilote
étaient retenus, ce dernier avait des compétences
reconnues et ses services étaient rétribués.
La Loi de 1972 a mis un terme à ce régime. En vertu
de celle-ci, tous les navires doivent avoir à leur bord
des personnes dont la compétence est reconnue et vérifiée
pour la zone de pilotage obligatoire pour laquelle le brevet ou
le certificat de pilotage sont émis (art. 22). Les détenteurs
de brevet ou de certificat de pilotage à bord des navires
peuvent ainsi anticiper entre eux leurs mouvements réciproques,
ce qui est fondamental pour la sécurité lors de
rencontres ou de dépassements.
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