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Présentation
de la Corporation
La
Corporation des Pilotes du Saint-Laurent Central est une association
de pilotes maritimes. Regroupant 117 pilotes, elle est responsable
du pilotage dans la circonscription comprise entre le Port de
Québec et le Port de Montréal et qu'on appelle "Le
Saint-Laurent Central".
L'objet
de cette association est notamment de promouvoir l'avancement
de la profession et de représenter les pilotes auprès
des intervenants du monde maritime et du grand public en général.
Les
pilotes sont regroupés en corporation depuis 1873 ( 130
ans). Celle-ci est dirigée par un conseil d'administration
composé de cinq membres, tous des pilotes. Le président
a la
charge de l'administration en général. Il représente
aussi la Corporation
en toute occasion.
Ensemble, ces cinq pilotes décident
des actions à entreprendre pour rencontrer les objectifs
de la Corporation.
Un
pilote maritime est un professionnel entraîné à
diriger les navires dans les dangereux méandres du chenal
maritime.
Un
officier de marine d'expérience, le pilote a suivi une
formation et un entraînement poussés d'une section
du chenal sur laquelle il aura à travailler tout au long
de sa carrière. Expert dans la manoeuvre de tous navires,
le pilote connaît sur le bout de ses doigts les distances,
profondeurs, conditions atmosphériques et particularités
climatiques pouvant avoir un impact sur la manoeuvre du navire
sur lequel il a été affecté.
Quelque
dix années de formation académique (diplôme
d'études collégiales de l'Institut de marine de
Rimouski) puis pratique comme officier aux commandes de navires
sur les mers du globe, sont un préalable essentiel à
l'apprentissage du métier de pilote. L'entraînement
pour piloter tous les types et toutes les tailles de navires requiert
ensuite un minimum de deux années d'études et d'apprentissage
et cinq années d'expérience sur des navires de relativement
petites dimensions.
En
raison des enjeux très importants, à la fois économiques
et environnementaux, entourant la sécurité maritime
du chenal, le pilotage de navires est obligatoire sur le Saint-Laurent
Central. Les pilotes ont ainsi pu prévenir de nombreux
accidents, échouements ou collisions spectaculaires entre
navires, aux conséquences potentiellement catastrophiques.
Le
pilote est formé pour prévoir tout ce qui peut arriver
et pour parer à toute éventualité, que ce
soit une mauvaise visibilité, de forts vents, de forts
courants ou encore des bris majeurs sur le navire. Le pilote doit
être prêt à faire face à tous ces éléments
et impondérables pour assurer sur le Saint-Laurent la sécurité
de la navigation.

Photo Jacques Vigneault
Au
Canada, le pilotage est un service public essentiel du secteur
maritime et particulièrement efficace. Il est en haute
estime à l'échelle internationale. L'expertise des
pilotes et la performance du système contribuent à
l'attrait des ports canadiens comme destinations au profit du
commerce international.
LE RÔLE NEUTRE D'UN PILOTE
Le
pilote est une personne neutre, dans le sens qu'il n'est pas un
membre de l'équipage. Il est une sorte de trait d'union
entre le navire et les règlements du pays qui régissent
la sécurité de la navigation.
Parce
qu'il est indépendant de l'armateur et que son seul rôle
à bord concerne la sécurité, le pilote assure
la protection des eaux, de l'environnement et du public en général.
En
termes d'efficacité, le pilote contribue à assurer
le navire d'un transit plus rapide tout en maintenant une circulation
sécuritaire malgré des conditions de navigation
difficiles.
LE SYSTÈME CANADIEN DE PILOTAGE
Le
pilotage existe sur le Saint-Laurent depuis le 17e siècle.
Le tout premier pilote diplômé du Roi de France était
Abraham Martin, celui qui a donné son nom aux célèbres
plaines à Québec.
Au
19e siècle, la plupart des navires doivent s'arrêter
à Québec, faute d'un chenal balisé et assez
profond en amont de cette ville. Les administrateurs et les marchands
de Québec s'occupent alors de l'aménagement du fleuve.
Les pilotes du Saint-Laurent, pour leur part, se regroupent en
un corps de métier dans la deuxième moitié
du siècle.
La
présence de pilotes à bord des navires qui sillonnent
le Saint-Laurent est devenue très rapidement essentiel.
Les capitaines de navires, même s'il s'agît de navires
canadiens qui sont plus souvent dans la région, n'ont pas
les connaissances nécessaires de toutes les caractéristiques
locales de la très longue voie navigable du Saint-Laurent.
Or, il serait extrêmement dangereux d'y conduire un navire
sans une connaissance approfondie des courants, des marées,
des hauts fonds, des aides à la navigation et la climatologie.

Photo Jacques Vigneault
Sur
l'océan, il y a peu d'écueils. Ceux-ci et les autres
navires qui y circulent sont faciles à contourner. Par
contre, sur un cours d'eau comme le Saint-Laurent, les obstacles
sont fort nombreux et variés.
Au
Canada, le pilotage maritime fait l'objet de lois depuis le 19e
siècle. Les deux objectifs du système canadien de
pilotage sont la sécurité et l'efficacité
: sécurité du public et de l'environnement ; sécurité
et efficacité du transport maritime.
Le
système de pilotage sur le Saint-Laurent est des plus fiables
et des plus performants au monde en raison des exigences très
élevées de connaissances locales acquises par une
formation intensive et des examens très rigoureux.
Les
coûts du pilotage sont souvent remis en cause. En réalité,
ceux-ci ne représentent que moins de 1% des coûts
totaux d'opérations d'un navire.
L'obligation
pour les navires d'avoir recours aux services de pilotes brevetés
constitue en quelque sorte une prime d'assurance modique pour
éviter des catastrophes qui auraient, pour les populations,
l'environnement, les armateurs et même l'économie
du pays, des conséquences des plus graves.
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