PORT DE MONTRÉAL

Photo du port en 1882

Collection privée Jean Leclerc

Description générale

Les installations portuaires du port de Montréal sont situées du côté de la ville et comprennent 90 postes d'amarrage ouverts s'étendant sur 12 milles de quai (...). La profondeur officielle du chenal maritime est de 10.7 mètres (35 pieds), cependant que la profondeur de la voie maritime est de 8.23 mètres (27 pieds).

Note: Le chenal maritime a une profondeur de 11.3 mètres et s'étend de l'élévateur no 4 vers l'aval.


Port de Montréal proprement dit

Cette section du chenal, d'une longueur de 8.6 milles marins, est draguée d'un bout à l'autre. Elle comprend aussi l'approche de la voie maritime jusqu'à l'écluse de St-Lambert (longueur de 3,2 milles).

La navigation présente, outre les difficultés qui sont inhérentes aux chenaux étroits, canaux et écluses, des difficultés particulières associées à la présente de forts courants qui soit traversent le chenal de part en part à plusieurs endroits, soit convergent vers des points critiques comme en amont et en aval du pont Jacques-Cartier. Ces conditions rendent la navigation et les manoeuvres délicates tant à l'intérieur du chenal qu'à l'approche des quais.

Les périodes de brume occasionnelles et surtout la présence de glaces et de vapeurs en période de grands froids peuvent rendre la navigation même hasardeuse à certains moments.

Ce secteur de port de Montréal est bordé d'une ligne continue de quais de forme et de type variés, tous situés du côté de la ville le long d'un chenal quelque peu étroit (1 câble de largeur sous le pont Jacques-Cartier) dans lequel la navigation est gênée par le rapide courant de Ste-Marie et par les forts courants traversiers qu'il provoque.

Le courant de Ste-Marie court dans le port entre la ville et l'île Ste-Hélène. La partie supérieure du port est protégée par une jetée de 11 câbles de long sans courant sauf le remous au large de l'extrémité de la jetée. À l'extrémité se trouvent les bassins Bickerdike et Windmill Point et, du côté de la ville, plusieurs quais perpendiculaires avec une profondeur maximale de 10.7 mètres (35 pieds). On utilise dans cette zone restreinte des remorqueurs pour accoster et appareiller. Le courant de Ste-Marie est fort entre la Tour de l'horloge sur le quai Victoria et un point situé à environ 3 câbles en aval du pont Jacques-Cartier où le chenal s'élargit. Sa vitesse dans cette zone varie entre 6 et 8 noeuds. Il ne suit pas le chenal mais produit des courants traversiers à angles aigus et de directions différentes formant de nombreux remous. À l'exception du quai Victoria, bâtiment en "L" et qui forme le bassin du Marché, tous les autres quais de cette zone font face au courant. La plupart offrent une profondeur de 9.14 mètres (30 pieds ).

Les navires descendant le fleuve éprouvent de sérieuses difficultés à naviguer dans cette zone. Il leur faut atteindre une vitesse de 10 noeuds sur le fond pour pouvoir gouverner et ils doivent également compenser les courants traversiers. La présence des forts courants descendants à proximité de la région du Pont Jacques-Cartier ne permet pas la rencontre des navires entre les sections 39, 40 et la section 18.

La navigation ne comporte pas les mêmes difficultés pour les navires qui font route vers l'amont parce qu'ils naviguent contre le courant. Les difficultés majeures proviennent des courants traversiers et des navires descendants qui sont moins manoeuvrant et pour cette raison, on leur accorde la priorité. Le courant étant beaucoup plus fort du côté de la ville, les navires plus lents à destination de l'extrémité supérieure du port ont toujours eu l'habitude de faire route dans la partie où le courant est le plus faible, soit du côté bâbord du chenal, tout en respectant les exigences des règlements sur la sécurité de la navigation plus bas que l'île Ronde. À environ 3 câbles en aval du pont Jacques-Cartier, le fleuve s'élargit et le courant diminue progressivement; sa vitesse n'est plus que 3 noeuds au large de l'entrée de la voie maritime et de 2 noeuds plus en aval.

La navigation dans ce secteur présente certaines difficultés pour les navires traversiers qui se rendent dans divers quais situés du côté de la ville, à l'entrée de la voie maritime, de l'autre côté et vice-versa. Dans ce secteur, les quais sont parallèles au fleuve, sauf les quais perpendiculaires situés en face de l'entrée de la voie maritime. Un certain nombre de postes d'amarrage offrent la profondeur maximale.

D'autre part, en période estivale, de nombreux bateaux de plaisance d'origine de la voie maritime, des marinas de l'Expo, de Longueuil, du bout de l'île et de la région de Boucherville sillonnent le port en tous sens. Enfin, plusieurs navires de croisière circulent à partir du bassin Victoria et de la région de Boucherville.

Entre Longue-Pointe et le quai de la rue Marien, le chenal est large et présente moins de difficultés de navigation. Dans la première partie de cette section, le chenal forme une courbe au large de laquelle se trouve du côté de la ville le mouillage de Longue-Pointe, zone de mouillage pour le port et la voie maritime. Plus en aval dans le port se trouvent les quais appartenant aux diverses compagnies pétrolières qui offrent tous la profondeur maximale. Dans tout ce secteur, le chenal a une largeur minimale de 305 mètres (1,000 pieds).

Note: Depuis que le chenal a une profondeur de 11.3 mètres, sa largeur a été réduite à 230 mètres. Plus spécifiquement dans la courbe de Longue-Pointe, la largeur utile à 11.3 mètres est d'environ 150 mètres, ce qui oblige les navires à fort tirant d'eau à une navigation à sens unique du côté sud du chenal.

Ce secteur sert toutefois de bassin de virage pour les navires arrivant de la voie maritime ou circulant d'un quai à un autre dans le port. Même si le chenal y est plus large, les manoeuvres de virage sont délicates et ne doivent pas entraver le passage des navires naviguant dans un sens ou dans l'autre.


Risques de navigation

Les principaux risques de navigation sont un chenal étroit (1 câble de largeur sous le pont Jacques-Cartier) dans lequel la navigation est gênée par le rapide courant Ste-Marie (vitesse de 6 à 8 noeuds), par les forts courants traversiers qu'il provoque et par les conditions météorologiques adverses à certaines périodes de l'année. L'affluence, surtout en été, de navires de toutes catégories peut compliquer sérieusement la situation.

L'amarrage et l'appareillage des navires dans le port, en raison de la diversité des quais et des approches, des courants variant en intensité et en direction pratiquement à chaque quai et des glaces, comportent des risques fort évidents de dommages sérieux aux navires, aux installations et à l'environnement en cas de collision avec les structures fixes.

Le fait que les navires puissent s'amarrer ou appareiller de certains quais avec un minimum d'eau de 30 centimètres sous la quille augmente considérablement les risques en raison de la capacité de manoeuvre réduite de ces navires.


Pilotage obligatoire

Les difficultés de navigation dans ce secteur et la possibilité constante d'un blocage du chenal par suite d'un incident maritime exigent que le pilotage soit obligatoire. Même si l'on dispose de renseignements détaillés sur les caractéristiques physiques et sur l'effet des courants et des courants traversiers, la connaissance des lieux et l'expérience dans ces eaux sont indispensables pour assurer des déplacements sûrs et efficaces en tout temps.

Seule la compétence supérieure d'un spécialiste qui, comme le pilote ou le détenteur de certificat, effectue les manoeuvres de façon répétitive avec une pleine connaissance des conditions particulières peut, de façon générale, contourner ces difficultés et minimiser les risques à un niveau raisonnable.

En temps d'efficacité, le pilote contribue à minimiser les délais et retards, à maintenir sécuritairement la circulation dans des conditions où elle serait autrement interrompue sans sa présence. L'utilisation de remorqueurs (...) est réduite au minimum et aux cas où leur assistance est tout à fait essentielle.

Normalement, compte tenu de la courte durée des déplacements et de la nature même des manoeuvres à effectuer, un seul pilote est requis à la fois sur les navires. Seules des manoeuvres particulières des remorques impliquant ou requérant plusieurs unités nécessiteront l'affectation de plus d'un pilote.

 

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